Entre s’écraser pour éviter les courants d’air ou foncer tête baissée pour imposer son point de vue, beaucoup de professionnels pensent qu’il n’existe pas d’autre option. Pourtant, ce dilemme cache une troisième voie, trop souvent ignorée : l’assertivité. Plutôt que de choisir entre se soumettre ou dominer, elle propose de s’affirmer avec respect. Et c’est loin d’être anodin : dans les équipes, en management ou face à un client tendu, cette posture change tout. Ce n’est pas du bon sentiment, c’est de la performance relationnelle.
Les quatre piliers du test d'assertivité pour décrypter vos échanges
Identifier son style dominant : passif, agressif ou manipulateur
On ne réagit pas tous de la même manière sous pression. Face à un désaccord, certains préfèrent garder le silence, d’autres montent immédiatement au créneau, tandis que d’autres encore glissent un reproche en douceur ou jouent la carte de la victimisation. Ces réflexes - passif, agressif ou manipulateur - sont souvent ancrés depuis longtemps, activés automatiquement en situation tendue. Le problème ? Ils nuisent à la collaboration, usent l’énergie et finissent par isoler. Pour faire le point sur vos propres habitudes, c’est le moment de découvrir les résultats de votre test d'assertivité et d’analyser vos réactions spontanées.
L'idéal de la méthode Gordon : l'affirmation de soi respectueuse
Le psychologue américain Thomas Gordon, élève de Carl Rogers, a mis au point une approche fondée sur le respect mutuel et la recherche de compromis. À l’opposé de la domination ou de la soumission, son modèle repose sur le concept de gagnant-gagnant, où chacun peut exprimer ses besoins sans piétiner ceux de l’autre. Ce n’est pas un mode de communication inné, mais une compétence qui s’entraîne. Et surtout : le résultat d’un test d’assertivité ne vous étiquette pas. Il offre plutôt une photographie de votre posture actuelle - une base solide pour amorcer un changement durable.
| ✅ Style de communication | 🔍 Caractéristique principale | 👥 Impact sur l'équipe | 💬 Exemple de phrase type |
|---|---|---|---|
| Assertif | Expression claire et respectueuse | Crée de la confiance, favorise la résolution de conflits | « Je comprends ton point de vue, et moi je vois les choses ainsi… » |
| Passif | Évitement du conflit, silence sur ses besoins | Accumulation de frustration, sentiment d’injustice | « Ce n’est pas grave, on fera comme tu veux… » |
| Agressif | Imposition de son avis, ton autoritaire | Génère de la tension, décourage l’expression des autres | « C’est moi qui décide, point final. » |
| Manipulateur | Stratégies détournées (culpabilisation, insinuation) | Érode la transparence, nuit à la cohésion | « Dommage que tu n’aies pas pensé à ça plus tôt… » |
Pourquoi l'autoévaluation est le premier pas vers une reconversion réussie
Prendre conscience de ses schémas de communication
Avant même de choisir une nouvelle formation ou de postuler à un autre poste, il faut savoir comment on interagit avec les autres. La prise de conscience est l’étape initiale incontournable. Bien des reconversions échouent non faute de compétences, mais à cause de tensions relationnelles mal gérées. Un bilan de compétences efficace commence souvent par un outil comme celui de Gordon, qui permet de voir ce qu’on ne voit plus soi-même. À y regarder de plus près, ce n’est pas toujours le métier qui ne convient pas, mais la façon dont on y gère les échanges.
Améliorer sa gestion émotionnelle au bureau
L’assertivité repose sur une intelligence émotionnelle bien ancrée. Savoir reconnaître ses émotions - frustration, colère, peur du rejet - permet de ne pas les laisser dicter ses réactions. C’est particulièrement crucial en entretien d’embauche ou lors d’une négociation salariale : trop de passivité vous fait passer pour hésitant, trop d’agressivité pour arrogant. L’équilibre, lui, inspire la confiance en soi mesurée. Et cette assurance, vous pouvez la travailler. En situation de reconversion, elle fait parfois plus la différence qu’un diplôme supplémentaire.
L'impact sur la relation client et le management
Ce n’est pas qu’un outil de bien-être personnel. En entreprise, l’assertivité est un levier opérationnel. Un commercial qui sait dire non à un client abusif, tout en maintenant la relation, a un net avantage. Un manager capable de remettre un collaborateur à sa place sans l’humilier préserve l’engagement de l’équipe. Ces compétences s’apprennent, notamment via des formations certifiées Qualiopi en communication ou en management. Et cerise sur le gâteau : elles sont souvent éligibles au CPF, ce qui allège considérablement le coût pour le salarié.
Six étapes concrètes pour renforcer votre posture professionnelle
De l'écoute active à la recherche de compromis
Devenir plus assertif ne se fait pas du jour au lendemain. C’est un travail progressif, appuyé sur des étapes claires. Voici les six leviers principaux, inspirés des bonnes pratiques en développement des compétences :
- 🔄 Prise de conscience : observer ses réactions dans les situations tendues sans se juger.
- 🗣️ Expression des émotions : nommer ce qu’on ressent sans l’imposer ni le cacher (« Je suis frustré parce que… »).
- 👂 Écoute active : se concentrer sur le message de l’autre avant de répondre, sans préparer sa riposte en silence.
- ✋ Capacité à dire non : refuser une demande sans justification excessive ni agressivité.
- 🤝 Recherche du gagnant-gagnant : proposer des solutions qui prennent en compte les besoins des deux parties.
- 🧘 Gestion du stress : intégrer des techniques simples (respiration, pause mentale) pour garder le contrôle émotionnel.
Les questions fréquentes sur le test d'assertivité
J'ai obtenu un score élevé en agressivité, est-ce une fatalité pour ma carrière ?
Non, ce n’est pas une sentence. Un score élevé en agressivité reflète souvent un mécanisme de défense face au stress ou à une pression constante. C’est une tendance observée « ici et maintenant », pas un trait de caractère figé. Avec de la prise de conscience et un peu d’entraînement, cette posture peut évoluer vers plus d’assertivité.
Vaut-il mieux être trop passif ou trop agressif en attendant de devenir assertif ?
Les deux ont un coût. Être passif mène à l’épuisement, à la frustration et au ressentiment. L’agressivité, elle, crée des conflits et isole. Aucun n’est durable. Le mieux est d’identifier son biais dominant, puis de travailler progressivement à l’équilibre, même imparfait. Le but n’est pas la perfection, mais la progression.
Existe-t-il d'autres outils que la méthode Gordon pour s'évaluer ?
Oui, plusieurs complètent le test de Gordon. Le test de Chalvin (CAT) explore l’affirmation de soi sous un angle différent, tandis que l’outil DISC analyse les styles comportementaux en situation professionnelle. Ces approches peuvent être combinées pour une vision plus complète, surtout dans le cadre d’un bilan ou d’une formation.
Comment l'assertivité s'adapte-t-elle au nouveau monde du télétravail ?
Elle devient encore plus cruciale. Dans les échanges écrits ou en visioconférence, les malentendus sont fréquents. Une formulation trop directe peut sembler agressive, trop vague, passée sous silence. L’assertivité permet de trouver le ton juste - clair, poli, sans ambiguïté - pour éviter les quiproquos et maintenir la collaboration à distance.
À quelle fréquence devrais-je refaire ce test de communication ?
Un point tous les six mois est un bon rythme, surtout si vous suivez une formation ou travaillez activement sur votre communication. Cela permet de mesurer vos progrès, ajuster votre approche et rester conscient de vos évolutions. Ce n’est pas un contrôle, mais un outil d’accompagnement sur le long terme.